Le Salon Creativa à Grenoble

Bien sûr ce n’est pas un salon parisien, ce n’est pas la même taille, le prestige de la capitale n’est pas là, ce n’est pas le métro qui déverse le flot des passionnées du “Do It Yourself” dans les allées du Parc des Expositions Porte de Versailles mais un tram qui roule tout doucement vers Alpexpo et qui amène quelques personnes voir tranquillement une petite centaine de stands de loisirs créatifs. Ce n’est pas une longue file qui s’étend devant moi mais trois personnes pour acheter le billet d’entrée à 5 €, les allées entre les stands paraissent larges, pas de bousculade, on peut discuter avec les vendeurs, leur demander conseil et on peut se restaurer ou prendre un café assis sans avoir tout à coup honte de s’asseoir trop longtemps sur une chaise … Alors  je voulais vous dire que le Salon Creativa à Grenoble c’est pas mal ! Vous avez encore deux jours pour vous y rendre.

Dans le hall d’entrée on peut admirer les travaux textiles de Lucile Calvez : applications de dentelles anciennes sur d’immenses tentures, jusqu’à 4,50 mètres de hauteur. Mais c’est le détail qui est admirable et que je tente de vous montrer.

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Lucile Calvez était présente sur le Salon  explique ses motivations et parle de ses bijoux : pièces uniques à partir de matériaux anciens et naturels.

Ensuite je me suis arrêtée au stand “les jardins de Nana” qui vendent toujours du beau lin ( Sweitgart qualité Edimburgh 14 fils au cm, c’est mon préféré). Nous avons parlé du bon vieux temps où ils avaient un magasin à Tours rue Néricault Detouches. Quelques unes d’entre vous doivent s’en souvenir. Sur ce stand de nombreuses fiches et kits de point de croix dont certaines en solde et un fascicule abécédaire Rouge du Rhin à moitié prix.

Puis l’Atelier des Abécédaires de Lyon avec leur feutrine et des modèles de souris charmantes, Le Chat dans l’Aiguille et leur broderie traditionnelle mais toujours très fraîche et l’atelier de Flora avec les laines Lang et de jolis châles au crochet. Un magasin de tissus  très anglais DottyRose où je n’ai pas résisté devant de petits coupons à 2€50.

Après avoir admiré les patchworks de l’association meylanaise Quilts et Couleurs et avoir photographié ceux qui m’avaient le plus attirée :

  • une reproduction d’un ancien quilt américain, composé de 5602 morceaux de tissusIMG_5152
  • et un abécédaire appliqué IMG_5149J’ai terminé par le stand de la Maison de la Couture dont je vous parlais récemment qui propose des machines à coudre superbes, qui conseille toujours avec gentillesse et qui a un joli rayon de mercerie, leurs tissus Liberty n’étaient pas sur le stand mais les patrons Citronille.

Moi qui aime tant Paris aujourd’hui j’ai apprécié la douceur de vivre en province !

Aux couleurs des indiennes

De préparatifs en rangements voici des porte-dés et des broderies aux couleurs des indiennes …

Etant née dans le midi de la France j’ai souvent entendu parler des “indiennes”, c’était un mot qui me faisait rêver, pour moi c’était un tissu venu des pays lointains, aux couleurs chamarrées et aux dessins raffinés.

Dans les années 80 on parlait de tissu provençal largement inspiré des tissus du XVIII° siècle, j’ai gardé des articles sur les costumes des arlésiennes : châles en dentelles, rubans de velours et larges jupes taillées dans les indiennes …

C’est un tissu de coton qui fit fureur à la cour de Louis XIV … je ne vous raconterai pas toute son histoire trouvée dans le merveilleux livre de Claude Fauque “Couleurs et étoffes” et dont je vous propose un petit aperçu grâce aux photos superbes de Christine Fleurent.

Toujours dans les années 80 Laurence Roque s’est inspirée de ces tissus, couleurs et motifs,  pour créer un modèle au point de croix. J’avais commencé à broder et je l’ai retrouvé … avec joie : fleurs et oiseaux me plaisent toujours autant. Je l’ai brodé sur une étamine de coton assez fine pour être au centre d’une nappe que je voudrais bien terminer cet été …

Enfin j’avais en réserve quelques cotons “Uno a Ritorto” n°8 que je crochète en n°2 pour réaliser des oeillets porte-dés (je m’inspire du modèle de Véronique Maillard dans son livre “ma petite mercerie”). Et coincidence … encore les couleurs des indiennes et les oeillets des indiennes !

Pour celles qui pourront venir le 2 juin à Montreuil, quelques porte-dés seront en vente.

 

Je collectionne aussi les tissus anciens et en voici quelques uns avec ma broderie.

Il y a quelques années nous avions fait une expo-vente “Impressions sur tissus” c’était en 2007 à Pocé sur Cisse, cela rappellera des souvenirs à certaines d’entre vous.

Escapade parisienne

Quelques boutiques à visiter en ce moment à Paris : La Croix et la Manière qui brade lins, rubans, fils … Donald Davies qui solde du Liberty d’ameublement, Modes et Travaux où l’on trouve des tissus lin et coton à 15 € les 3 mètres et où j’ai rencontré Marie Anne Réthoret Melin une créatrice et une brodeuse bien connue pour la finesse et la fraicheur de ses modèles. Elle dédicaçait ses livres, je vous ai déjà parlé de Sweet Home et je vous recommande Petits écoliers chez Mango

La Croix et la Manière
36, rue Faidherbe
75011 PARIS
 
Donald Davies
4, rue de Castellanne
75008 PARIS
 
La boutique Modes et Travaux
10, rue de la Pépinière
75008 PARIS

Liberty : une saga industrielle et artistique (4)

A la fin des années 80 Liberty renouant avec sa vocation première qui était au début du siècle de vendre des soieries d’Orient, invite le Japon dans sa boutique : les clients pouvaient acheter les objets japonais que présentait au même moment le Victoria and Albert Museum..

Dans le livre Poems of Liberty l’anglaise Sarah Harrison nous explique que l’art japonais a bien inspiré les artistes du mouvement esthétique dont William Morris dans les années 1860, et que ce livre plus de cent ans plus tard apparaît comme le croisement de ces deux cultures. En m’inspirant de ce livre j’ai fait une jupe un peu crazy, à volants et aux couleurs très … liberty

La Maison Liberty au XXe siècle réédite le motif de la plume de paon remettant à la mode les allures dandy de la la fin du XIX e siècle. L’histoire contemporaine de la maison est aussi marquée par les expositions spéciales que le magasin invita dont celle de Ringo Starr (ex Beattles) pour présenter sa collection de mobilier.

Pour ces raisons le Liberty est aussi l’étoffe des stars. Ci dessous le chanteur Neil Hannon porte une chemise en Liberty. En ce début du XXI siècle le liberty ne s’est jamais mieux porté …

Cependant la crise est bien là et si on continue à acheter du Liberty on l’aime en petits coupons pour faire de toutes petites choses qui dans ce tissu paraissent toujours un peu sophistiquées et qui je suis sûre ne se démoderont pas car le Liberty est intemporel….

Liberty : une saga industrielle et artistique (3)

J’ai beaucoup aimé les années 80, on est toujours un peu nostalgique en repensant à ses années de jeunesse, cependant je pense que ces années là ont été marquées par une grande liberté dans le domaine des arts décoratifs, un foisonnement.
Le journal Cent Idées a marqué un tournant : on faisait de la couture parce que c’était amusant et non par esprit d’économie, par un besoin de créer, d’inventer … de plus en plus de femmes travaillaient et pouvaient décorer leur maison, s’habiller comme elles l’entendaient “plus qu’un tissu le Liberty est une façon de vivre” nous disait Cent Idées … et encore ” Ah les beaux jours en rose et bleu en Liberty”ou “folie pour un Liberty” … C’est en plus un tissu si agréable à porter !

 

Une grande partie de la collection de certaines grandes marques étaient en Liberty, Cacharel d’abord qui cette année pour fêter les 50 ans de la marque réédite la robe que je portais dans ces années-là (en dessous à droite) c’étaient des robes de prêt-porter accessibles à bon nombre.
Je me souviens aussi que les serviettes de toilette Cacharel étaient bordées de Liberty.

J’avais déjà l’esprit récup et avais agrémenté les robes en Liberty de mes filles de cols taillés dans de vieux jupons. je portais la mienne sur un cache corset en broderie anglaise.

En ce qui concerne la layette, Modes et Travaux (qui avait pour rédactrice en chef Dominique Roche qui lancera plus tard Marie Claire Idées) proposait des modèles en Liberty créés par la marque Petit Faune. Cyrillus et Jacadi se lancent à cette époque et leurs collections étaient aussi sous le signe du Liberty.

Il faut aussi parler d’une très belle qualité de Liberty dont on a moins parlé que le Tana Lawn, c’est l’étamine de laine. C’est avec cette qualité que l’on faisait les robes d’hiver pour enfants avec de merveilleux smocks, de grands châles très fleuris ou aux impressions cachemire.