C’est en lisant Miniaturiste de Jessie Burton, l’histoire d’une jeune fille des Pays Bas au 17ème siècle que j’ai eu l’idée de composer le marquoir de Dymphne, née à Anvers à la même époque, fille d’armateurs de la région de Baesrode et qui pourrait être une ancêtre de mes enfants.

Vous savez mon goût pour les travaux d’aiguilles qui égale celui que je porte à la généalogie et à la paléographie. Ainsi je me suis penchée sur l’histoire de la Flandre des ancêtres de mes enfants, sur la vie des femmes à cette époque à travers des documents et en lisant la vie de Petronella, héroïne du livre Miniaturiste qui m’a agréablement plongée dans cet univers de marchands riches, amoureux des arts.

Nous voici donc à Anvers à l’époque où Rubens et ses amis peintres de la Guilde Saint Luc tiennent un atelier. Dymphne vit avec ses parents, son père est armateur à Baesrode.

Baesrode

Dessin de Peter Brueghel Baesrode 1555 (source Wikipédia)

 

Dymphne ressemble probablement à cette jeune fille.

 

Dymphne

Elle habite une de ces maisons si caractéristiques de ce beau pays comme la Maison Mercator Ortélius.

Mercator ortelius068-002

La ville d’Anvers en ce milieu du 17e siècle est une ville encore riche malgré les querelles religieuses de la fin du 16e siècle. De cette civilisation Anversoise les traces sont encore partout : l’hôtel de ville, les églises, les quais, le port, les remparts.

Anvers

C’est dans cette société où la possession d’oeuvres d’art est le signe de la richesse et leur entassement celui du pouvoir que grandit Dymphne.

Plan Anvers

Son marquoir va donc montrer tout ce qui l’entoure. Comme Petronella, héroïne de Miniaturiste, qui collectionne des objets  précieux pour la maison miniature que lui a offert son mari (cette maison est exposée au musée d’Amsterdam ICI) Dymphne va broder les tissus qu’elle collectionne dans son armoire, ses oiseaux arrivés par bateaux de terres lointaines, les fleurs rares comme la tulipe qui vient des jardins de Constantinople, des figures géométriques qui rappellent l’architecture de la ville, sa maison, l’église où elle se rend avec sa famille catholique, enfin l’alphabet qu’elle doit apprendre à écrire à la plume.

Les couleurs vont rappeler les pigments anciens dont se servaient les peintres : les tons ocres ou dorés, le rouge brun qui signifie la richesse et le pouvoir, le bleu indigo des Indes qui va supplanter le bleu pastel,  le vert de la mer – à cette époque la mer est plutôt peinte en vert clair-, le noir  très employé symbole de l’autorité des hommes de loi.

Joke Wisser qui a collectionné plus de 600 marquoirs de cette époque et de cette région nous recommande donc l’usage exclusif de ces couleurs : rouge brun, bleu indigo, doré, vert et noir que l’on peut nuancer en clair et foncé. Elle nous conseille d’employer pour plus de finesse et de transparence des couleurs un fil de Mouliné sur deux fils d’une toile de 14 à 16 fils par centimètre.

J’ai donc commencé à composer et à broder ce marquoir que je vous proposerai en plusieurs parties comme nous l’avons souvent fait, comme d’habitude les différentes parties de la grille seront gratuites jusqu’à ce que nous ayons tout brodé … et je crois que celui là sera un peu long mais je vous en dirai plus sur la dimension et les fournitures quand j’aurai un peu avancé.

 

 

 

 

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