J’étais de passage à Toulouse récemment et découvrait avec tristesse la fermeture du grand magasin “Au Capitole”.

C’est un magasin qui  me rappelle mon enfance, les vitrines animées à Noël, les courses de la rentrée, les robes d’été, le rayon des laines … mais surtout  j’aimais l’ambiance que je trouvais luxueuse : le grand escalier, le dôme de verre, l’ascenseur, les nombreuses glaces. Heureusement il y a deux ans pour mieux me souvenir du magasin j’avais pris quelques photos, car aujourd’hui on ne sait ce que va devenir cet immeuble et ses aménagements qui ne seraient pas classés, ce que regrettent bien sûr les toulousains.

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Moi aussi je regrette de ne pas avoir pris plus de photos mais j’espère que les nouveaux propriétaires garderont l’esprit de ce bâtiment construit vers 1904, témoin d’un essor commercial et d’un style artistique.

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En effet ce que j’aime c’est bien le style de cette époque, avant la guerre de 1914, où l’on pensait que le progrès amènerait le bonheur, où les moyens de locomotion favorisaient les échanges commerciaux avec le monde entier.

Je sais qu’il ne faisait pas toujours bon vivre et travailler en cette fin du 19°, Zola nous le rappelle dans son ouvrage “Au Bonheur des Dames” pourtant nous gardons la nostalgie d’un certain raffinement. Quand on pense à ces grands magasins on imagine à foison des tissus, des dentelles, des couleurs …

“Il avait pris les pièces, il les jetait, les froissait, en tirait des gammes éclatantes. Tous en convenait, le patron était le premier étalagiste de Paris, un étalagiste révolutionnaire à la vérité (…) il voulait des écroulements, comme tombés au hasard des casiers éventrés, et il les voulait flambants des couleurs les plus ardentes, s’avivant l’un par l’autre.”(Zola Au Bonheur des Dames)

Nous voici donc à Paris dans les années 1850, le patron dont parle Zola c’est Aristide Boucicaut qui après avoir été vendeur dans un magasin de nouveautés “Au petit Saint Thomas” met en oeuvre ses idées neuves : des produits “bon marché” que l’on peut toucher, qui sont “nouveaux” et dont on fait partout de la publicité. Il fait construire le magasin “Au Bon Marché” sur les plans de l’architecte Louis Charles Boileau secondé par l’ingénieur Gustave Eiffel.

Voici le verso d’un chromo distribué aux enfants, chaque semaine nouveau, mais qui faisait partie de séries à collectionner. Ces images étaient dessinées par des artistes et continuent aujourd’hui à nous plaire.

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Je vous offre une de mes images préférées du Bon Marché, c’est un grand format et date d’avant 1900.

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Chaque fois que je vais à Paris j’aime passer au Bon Marché, à la mercerie du troisième étage bien évidemment mais aussi j’admire à chaque fois les mosaïques qui ornent les anciennes portes d’entrée du magasin, : rubans, dentelles, rideaux … vous me faites rêver !

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Mais à cette époque d’autres grands magasins ouvrirent leurs portes  : La Belle Jardinière dont j’ai gardé une publicité.

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Le Magasin du Louvre dont j’ai trouvé une publicité dans un numéro de l’Illustration 1920.

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Quant au magasin “Aux trois quartiers” j’ai retrouvé un petit calendrier de l’année 1912, cadeau offert aux dames  élégantes …

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Enfin n’oublions pas “Le Printemps” devant lequel je passais pour aller travailler chez “Modes et Travaux” …

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Et maintenant après les grands magasins français  il y a un magasin qui me fascine et où j’espère un jour aller c’est le célèbre magasin Liberty à Londres. Connaissant mes goûts on m’a ramené récemment de cette boutique de jolis trésors de boîtes à couture : souris en Liberty, trousse de couture en Liberty, broche en liberty , stickers et carnet en Liberty … et des photos superbes que je suis heureuse de partager avec vous.photo 1photophoto 3photo 4

Si le sujet vous intéresse j’ai aussi glané sur différents sites internet des photos ou des gravures de ces grands magasins et les ai mis sur Pinterest.

Pour conclure je ne sais si ces palais de marchandises ont rendu les femmes plus heureuses. Mais c’est à cette époque que les femmes ont commencé à acheter elle-même, avant c’était  leur mari qui réglaient les factures des fournisseurs. Quant aux vendeuses, elles avaient certainement de dures journées mais nombreuses ont gravi quelques échelons sur l’échelle sociale.

En tout cas pour moi acheter un bout de dentelle, de tissu ou une pelote de laine fait partie des petits plaisirs de la vie, surtout si le magasin est beau  et je succombe assez souvent à ces petites tentations même si mes trésors de boites à couture emplissent mes placards.

“Il y avait aussi ce mouchoir… De l’application de Bruxelles ma chère… Oh ! une trouvaille ! Vingt francs ! Et dès lors, le sac devint inépuisable. Elle rougissait de plaisir (…) Mon Dieu ! les dentelles, c’est si joli ! répétait-elle. Et ceci ? c’est un entre-deux… il y en a vingt-six mètres. Un franc le mètre, comprenez-vous !”( Zola “Au Bonheur des dames”)

Je crois que certaines d’entre vous se reconnaitront aussi.

Pour terminer quelques mouchoirs et dentelles achetés peut-être dans un grand magasin … il y a probablement un siècle.

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