Mes premiers points de broderie s’étalèrent sur un canevas…

C’était un canevas Pénélope blanc, depuis j’ai appris que le mot canevas vient du chanvre avec lequel il était fabriqué à l’origine. Il est maintenant de coton, unifil ou Pénélope (composé de fils doubles afin de pouvoir varier la grosseur des points) ainsi que de Smyrne pour la confection de tapis.

C’est donc sur un canevas que j’ai appris les premiers points : demi-point, point avant, de mirliton, d’épine, double point d’épine qui, vous pourrez le constater m’avait paru un peu délicat … le tout brodé avec un coton perlé dont l’achat me comblait de bonheur. J’étais assez fière du résultat et préférais la broderie à la couture :  la couture rabattue m’ennuyait un peu… j’avais 8 ans.

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Si je vous parle de tous ces souvenirs c’est que la tapisserie permet de broder avec de nombreux points comptés, avec de la laine mais aussi du coton, de la soie et que le lin peut remplacer le canevas. De plus j’ai retrouvé une grande quantité de modèles de tapisserie anciens…

Après mes premiers essais je me souviens avoir brodé quelques fleurs, modèles trouvés sur un journal de ma mère, les canevas imprimés n’étant pas des plus décoratifs.

Mai 68 est arrivé et je n’ai pu jeter mes oeuvres au feu, ni me résigner à ne pas transporter dans mes sacs toutes sortes d’ustensiles de torture  comme une tapisserie commencée, un chausson, des aiguilles de toutes sortes, une paire de ciseaux …

Quelques années plus tard Françoise Tournier rédactrice au magazine Elle écrivait un article sur cette époque : “Madame de Dillmont, vous ne vous douterez jamais que vous avez fait 68 et “les années de poudre” dans mon sac à coté de “la Révolution sexuelle” de Wilheim Reich. Que nous sommes allées ensemble au Bon Marché acheter 60 centimètres de canevas et de la laine Colbert en camaïeu de cinq tons de rouge, alors que s’érigeaient les barricades et qu’il n’y avait plus de métro…” Elle parle aussi d’un autodafé familial ou furent brulés  “la Broderie Lyonnaise “le Jardin des Modes” et “la Semaine de Suzette” …

Heureusement ma mère  n’a rien jeté ni brulé dans ces années là et je me souviens des Cahiers du Jardin des Modes. Il me reste encore le livre, paru en 1969, qui n’a surement pas eu le succès mérité… et c’est aujourd’hui dans ce livre que je retrouve de beaux modèles et des points intéressants.

Jardin des Modes

Pour ne pas trop vous punir si vos mères ont jeté tout ce patrimoine voici quelques points de tapisserie, il y a aussi les points que j’ai employés pour ma trousse ICI

La suite des histoires de tapisseries très bientôt avec encore des points, des ouvrages anciens et d’autres qui paraissent nouveaux …