Il y a 111 ans l’Exposition Universelle de Paris ouvrait ses portes : elle s’est déroulée du 15 avril au 12 novembre 1900.

J’ai toujours eu un attrait particulier pour cette époque : des costumes aux réalisations architecturales, en passant bien sûr par les broderies, abécédaires, tapisseries… Je n’oublie évidemment pas l’imagerie : chromos publicitaires, cartes postales du début de ces années 1900.

On n’évoque pas ces années sans une certaine nostalgie : nous serons bientôt en 1914, et on n’imagine pas que ce sera la fin d’un monde…

Cette carte a longtemps nourri mes rêves d’enfant : un palais de fils et de tissus ! Déjà la mercière du village où je passais mes vacances avait des trésors multiples mais un palais… et à Paris, ce devait être fantastique.

Plus tard, j’ouvrais ce  livre sur l’Exposition Universelle de 1900.

Les images de ce livre sont à mes yeux tout à fait significatives de cette époque : la révolution industrielle et l’expansion coloniale  promettaient  des lendemains heureux. Cette Exposition est une revanche après la défaite de 1870 et montre le relèvement de la France.

Dans ce grand livre, j’ai découvert  l’endroit où avait été construit le fameux palais des fils et des tissus.

A cette époque on coud, on brode, on tricote, on crochète, on reprise, on fait de la dentelle en grande partie encore à la main. Une grande diversité de fils est produit par des filatures qui se concurrencent et qui rivalisent d’imagination pour vendre leur production.

Les livres de Frédérique Crestin-Billet : “Ouvrages de dames” et  “Au rayon des fils” sont particulièrement riches en illustrations, et citent des noms restés dans les mémoires : le fil Au chinois des Etablissements VRAU à Lille, A la Louve de la Maison REGNIAULT à Paris dans le Marais (où il y a encore quelques années on trouvait des grossistes en mercerie), Au conscrit de la Maison CRESPEL de Lille, A la Croix de la Maison Cartier Bresson… Nous retrouvons avec joie dans les brocantes les cartes à fils de ces marques, les boîtes ainsi que les bobines en bois ou capsules en métal qui renfermaient ces fils.

Fils de lin, puis de coton, mercerisés c’est-à dire passés dans la soude pour plus de résistance (selon le procédé de John Mercer, inventeur anglais), fils à bâtir, cordonnets pour crochets, fils retors pour la tapisserie, fils de soie pour la broderie … tous me procurent plaisir des yeux et me font rêver de broderies chatoyantes, de marquoirs, de petits réticules cousus main, de trousseaux, de linge chiffré, de dentelles …